Lutte contre les pigeons : stratégies efficaces en ville

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Les pigeons peuvent rapidement devenir un problème majeur en ville, endommageant vos structures et créant des risques pour la santé. Contactez nos experts pour garder vos espaces sûrs et propres.

Sarah

Expert Anti-Pigeons

Sommaire

Le pigeon des villes ou pigeon biset est une espèce particulièrement répandue en Belgique dans les grands centres urbains, comme à Bruxelles, Charleroi, Liège ou Namur.

Si cette espèce, à la base domestique, servait autrefois de messager et de ressource alimentaire, sa forte croissance au cours des derniers siècles entraîne son lot de désagréments. Risques sanitaires et dommages aux infrastructures, les pigeons sont devenus la bête noire de nombreuses métropoles et villes.

Contrôler leur population ou les tenir à distance est un véritable challenge pour les communes, les professionnels ou les gestionnaires de parcs immobiliers.

Cependant, des règles strictes en matière de bien-être animal régissent cette lutte et prévention. Alors comment éviter les nuisances tout en adoptant des stratégies éthiques ? C’est ce que nous tâchons d’expliquer dans cet article.

Pourquoi les pigeons adorent la ville ?

Au début des années 2000, une étude de l’association Natagora estimait déjà la population entre 2 200 et 4 500 couples de pigeons nicheurs à Bruxelles avec une progression constante d’environ 4,4 % par an observée de 1992 à 2017.

La ville est un buffet à volonté pour un pigeon

Pour le pigeon biset, une espèce opportuniste et omnivore, les villes constituent un buffet à ciel ouvert.Les restes alimentaires des commerces et restaurants, l’abondance de déchets et de poubelles mal fermées, les ressources dans les espaces verts et le nourrisage par les passants en font en effet un environnement de choix.

Une étude menée dans certains quartiers de Barcelone a montré qu’une réduction du nourrissage des pigeons par les humains s’accompagnait d’une baisse de 40 % de leur population.

Les toits des zones urbaines évitent aux pigeons de côtoyer des prédateurs

Progressivement, les pigeons ont troqué les falaises de leur environnement naturel pour les toits en milieu urbain.

Toiture, corniche, combles et autres cavités leur offrent un lieu de perchage en hauteur et de nidification à l’abri des prédateurs et des intempéries.

L’effet de vide : chassez un pigeon, 3 autres prendront sa place

L’effet de vide ou de “compensation densité-dépendante” est une réalité de la biologie urbaine.

Ainsi, la capture ou l’élimination d’une colonie de pigeons ne règle jamais le problème, car le territoire libéré, riche en ressources nécessaires, est directement pris d’assaut par une colonie voisine. L’abondance de nourriture favorise leur reproduction et leur développement. On estime qu’un pigeon bien nourri en Belgique peut se reproduire jusqu’à 4 à 8 fois par an, contre 1 à 2 fois dans la nature.

Plusieurs études décrivent ce phénomène de recolonisation après le contrôle d’une population locale comme :

  • celle portant sur 11 bâtiments urbains à Malaga en Espagne qui montre le réinvestissement immédiat des lieux lorsqu’une autre colonie se trouve à moins de 500 m des bâtiments libérés.
  • Ou cet autre article canadien qui décrit cette migration systématique de pigeons voisins dès qu’une zone devient vacante.

Fientes, nids, gouttières bouchées : la vraie facture des pigeons

Pigeons sur balustrade en ville

L’accumulation de fientes, de plumes et de morceaux de nids entraîne à la fois des problèmes d’hygiène et des dégâts matériels, tels que la corrosion des matériaux et l’obstruction des systèmes d’évacuation et de ventilation.

Les fientes créent des dégâts qui coûtent cher : façades, toitures et monuments

Les fientes de pigeons contiennent de l’acide urique, un composé extrêmement corrosif.

L’accumulation de déjections peut salir et contribuer à la dégradation de certains matériaux, notamment en combinaison avec l’humidité et une exposition prolongée.

Le guano n’épargne quasiment aucun matériau et détériore les bâtiments et les monuments, de leur façade à leur toiture. Il attaque la pierre, le béton et le marbre, tout en oxydant les métaux et les peintures.

Quand les fientes touchent la clientèle : hygiène, image et responsabilité en prennent un coup

Pour un commerce, un hôtel ou un restaurant avec terrasse, une invasion de pigeons est désastreuse sur le plan sanitaire. En Belgique, l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) est vigilante envers ces nuisibles (normes HACCP), car leurs fientes sont vectrices de maladies graves transmissibles à l’homme (ornithose, cryptococcose, psittacose, salmonellose). Une inspection de l’AFSCA constatant un risque de contamination par des oiseaux peut entraîner de lourdes sanctions.

En plus de salir les façades, les terrasses, les fenêtres et les enseignes, les fientes de pigeons ternissent gravement votre image de marque.

Les nids de pigeons ne sont pas aussi innocents qu’on le croit et créent de vrais dégâts dans les toitures, climatisations et gouttières

Les nids de pigeons accumulent fientes, plumes, brindilles et cadavres.

Ils bouchent fréquemment les gouttières et les descentes d’eau, provoquant des infiltrations d’eau coûteuses dans les toitures et les cloisons. Ils peuvent aussi obstruer les systèmes de climatisation et de ventilation (VMC), entraînant des dégâts structurels et des risques d’incendie.

Qui est en charge de la lutte contre les pigeons en ville ?

Face à cette prolifération des pigeons, qui est responsable du contrôle des populations ? En Belgique, la lutte contre les pigeons repose sur l’équilibre entre gestion publique et initiatives privées. D’un côté, les autorités locales encadrent la population globale à l’échelle de la ville en privilégiant des méthodes éthiques et préventives recommandées par des organismes comme la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) ou GAIA. De l’autre, la protection physique des immeubles privés incombe directement aux propriétaires et gestionnaires.

La commune gère la population, vous gérez votre bâtiment

La lutte anti-pigeons en ville est une responsabilité partagée entre, notamment, les autorités locales et les propriétaires de biens immobiliers.

Les communes belges ont pour responsabilité de contrôler les populations de pigeons et de limiter au maximum leur prolifération.

Elles peuvent, pour ce faire, recourir à des dispositifs contraceptifs (graines et pigeonniers) et sensibiliser les habitants. Toutes les communes bruxelloises appliquent le Règlement Général de Police (RGP) pour interdire strictement le nourrissage des pigeons, sous peine d’amendes administratives (amendes SAC).

En Wallonie, le site officiel Bien-être animal indique explicitement que la gestion des pigeons relève de l’autorité communale, notamment lorsque la densité locale comporte un risque. Le Conseil wallon du Bien-être animal recommande une approche coordonnée à l’échelle de la commune, combinant analyse des plaintes, réduction des ressources alimentaires, gestion des sites problématiques, pigeonniers contraceptifs et suivi régulier.

En revanche, la commune n’intervient pas sur les propriétés privées. Ainsi, les propriétaires, gérants ou locataires doivent prévenir et traiter les invasions dans leurs propres bâtiments.

Graines contraceptives, pigeonniers, interdiction de nourrir : ce que la commune peut (et ne peut pas) faire

L’une des stratégies adoptées par les communes belges pour contenir les populations de pigeons est de déployer des pigeonniers contraceptifs afin de remplacer les œufs par des leurres, de distribuer des graines contraceptives et/ou d‘opérer une castration chirurgicale. Cette dernière technique ne semble porter ses fruits que lorsque 85 % de la population a été stérilisée.

La Ville de Bruxelles distribue quotidiennement des graines de maïs contraceptives. Une baisse de 66 % de la population de pigeons aurait été constatée sur le site pilote entre le début du projet en 2019 et février 2023.

L’arrêté wallon recommande une approche globale avec l’aménagement de pigeonniers contraceptifs, la réduction de la nourriture et le suivi.

Concernant le nourrissage des pigeons, Bruxelles et la plupart des villes wallonnes l’interdisent. En Région de Bruxelles-Capitale, vous risquez une amende de 50 à 350 euros selon la commune et la récidive.

À Namur, la Ville sensibilise ses citoyens à l’interdiction de nourrir les pigeons et les oiseaux d’eau, en expliquant le lien avec l’augmentation de leur présence et les problèmes de salubrité.

Liège indique dans son règlement de police relatif à la propreté publique (art. 63) que le nourrissage est interdit et relie directement la réduction de la nourriture à une gestion durable des pigeons.

Enfin, toutes les communes belges disposent d’une législation stricte quant à la gestion des déchets dans l’espace public, une autre source d’attraction pour ces nuisibles.

Malheureusement, ces techniques n’agissent que sur la population de pigeons à moyen et long terme et ne remplacent pas la protection physique des bâtiments.

Votre part du travail : rendre le bâtiment inutilisable pour les pigeons

La responsabilité des communes se limite au bâti du domaine public. Le parc immobilier privé, quant à lui, relève de la responsabilité des propriétaires et gestionnaires.

Les Règlements Généraux de Police (RGP) communaux prévoient quasi systématiquement que les propriétaires rendent leurs bâtiments inhospitaliers aux pigeons afin d’empêcher la nidification et le perchage :

  • À Bruxelles : le RGP précise que les propriétaires, gérants ou locataires doivent obstruer les cavités propices à la nidification, faire nettoyer et désinfecter les immeubles souillés et prévenir la prolifération de nuisibles.
  • À Liège : le RGP fait obligation aux propriétaires et occupants de maintenir leurs façades propres et de boucher les ouvertures, lucarnes ou cavités permettant aux pigeons de nicher.
  • À Charleroi et Mons : les règlements communaux imposent également d’obstruer les accès sous toiture et de poser des protections mécaniques pour éviter toute insalubrité.

Ce que posent vraiment les pros pour lutter contre les pigeons en zones urbaines

Pics vs filets anti pigeons

Pour protéger les bâtiments et monuments des zones urbaines des pigeons, le plus efficace est d’installer des barrières physiques leur empêchant l’accès et le perchage, sans les blesser. C’est d’ailleurs la méthode retenue par les professionnels du dépigeonnage qui, selon la situation et la configuration, installent des pics, des câbles tendus, des filets, des obturateurs de tuile ou des grilles.

Les pics : imbattables sur les rebords, à condition de bien les poser

Les pics inoxydables constituent l’un des dispositifs mécaniques anti-pigeons les plus utilisés par les pros. Ils empêchent tout simplement les oiseaux d’atterrir et de se percher sur la zone protégée.

Une étude expérimentale sur un campus sud-africain a constaté une baisse globale de 50 % de l’indice de pigeons après l’installation de dispositifs, dont l’efficacité varie entre techniques. Parmi elles, les pics s’avèrent des plus efficaces.

Efficaces pour les rebords de fenêtres, de balcons, de corniches, voire de gouttières, ils ne permettent pas de sécuriser les grandes superficies. Sur une corniche plus large, il peut être nécessaire de mettre plusieurs rangées.

Le choix de la taille des pics et la méthode de pose déterminent leur efficacité et leur durabilité. C’est pourquoi il est toujours préférable de les faire installer par une entreprise spécialisée.

Les fils tendus : la barrière presque invisible pour les belles façades et les monuments

Bien qu’efficaces, les pics peuvent manquer de discrétion. Des solutions comme les câbles tendus en inox sont alors une alternative intéressante pour rendre l’atterrissage difficile ou instable.

Peu visibles depuis la rue, on réserve généralement leur usage aux façades, corniches et rebords des monuments historiques ou bâtisses de charme.

Les filets : pour couvrir d’un coup une cour, un hangar ou une toiture

Lorsque les pics et les fils tendus ne suffisent pas pour protéger la zone, il est souvent nécessaire de recourir aux filets anti-pigeons.

Ces derniers permettent de sécuriser un volume entier, empêchant les pigeons de s’y installer et de nidifier.

On peut les poser sous une charpente, sur un balcon ou une cour intérieure, mais aussi en façade de monuments historiques, dans un clocher ou des bâtiments industriels.

Ils se déclinent en différentes couleurs (noir, pierre) pour se fondre au mieux dans le décor.

La pose du filet et le choix de sa maille sont déterminants pour en garantir l’efficacité et la durabilité. La protection ne doit laisser aucun espace libre sur les contours et s’adapter à l’espèce ciblée. Si une maille de 50 mm suffit pour faire barrage aux pigeons, elle s’avérera inefficace contre des oiseaux plus petits comme les moineaux ou les étourneaux.

Boucher les trous : la solution la plus simple, et la plus oubliée

Au-delà de ces dispositifs physiques, les professionnels préviennent l’intrusion des pigeons dans les cavités en les bouchant.

Il peut s’agir de grillager des lucarnes, de boucher des anfractuosités des façades anciennes ou de bloquer l’accès à la sous-toiture avec des obturateurs de tuiles.

C’est une étape primordiale pour protéger un bâtiment, mais cela nécessite de vérifier qu’aucun oiseau n’est piégé à l’intérieur avant de sceller l’ouverture et de conserver l’accès pour d’autres espèces utiles comme les chauves-souris. Un professionnel s’en assurera toujours.

Résumé des dispositifs anti-pigeons en ville selon la surface

Dispositif Où l’utiliser Points forts Limites
Pics anti-pigeons Corniches, rebords de fenêtre, gouttières, enseignes Durables, discrets, entretien réduit À poser sur une surface propre

Plusieurs rangées si le rebord est large

Fils tendus Arêtes, poutres, rebords Très discrets, adaptés aux façades soignées Pose technique, tension à contrôler
Filets Cours, toitures, hangars, structures ouvertes, balcons Protection totale d’un volume Maille à adapter à l’espèce

Vigilance à la réaction au feu

Contrôle régulier nécessaire

Fermeture des accès Combles, cavités de façade, ouvertures techniques Supprime le nid à la source Vérifier l’absence d’animaux avant de condamner l’espace et les accès
Électro-répulsion Corniches, monuments

Zones à forte pression

Efficace là où les pics ne suffisent pas Alimentation et entretien à prévoir

Nettoyage et désinfection : l’étape à ne surtout pas négliger, car elle fait partie de la lutte anti-pigeons

Nettoyage fientes de pigeons sur toit

Toute intervention de dépigeonnage doit commencer par un diagnostic détaillé, ainsi que par un nettoyage poussé.

Pourquoi poser des pics, câbles ou filets sur des fientes peut ruiner votre dispositif anti-pigeons ?

Poser un dispositif anti-pigeons sur une zone souillée de fientes limite son adhérence au support et sa durabilité.

Aucune colle ou fixation ne tient sur un support sale. Au premier coup de vent, l’installation risque de se désolidariser. Or, il suffit d’un unique point d’accès ou d’une zone de repos avoisinante pour que la colonie se déplace.

Le nettoyage approfondi de la surface permet de retirer les fientes, mais aussi les graisses, les poussières et autres débris organiques.

Pourquoi on ne gratte pas les fientes soi-même : poussières, nids et équipement

Le nettoyage des fientes de pigeons sèches peut être dangereux pour la santé s’il n’est pas opéré correctement.

En grattant ou en balayant à sec, vous mettez en suspension dans l’air des poussières contaminées. Leur inhalation provoque des maladies graves, surtout pour les personnes fragiles et immunodéprimées, comme l’histoplasmose (pneumonie atypique).

Un nettoyage professionnel permet de limiter cette exposition au risque et d’évacuer les déjections dans de bonnes conditions. Les dépigeonneurs professionnels n’interviennent jamais sans pulvériser d’abord un agent mouillant/biocide et portent des Équipements de Protection Individuelle (EPI) stricts, comprenant des masques FFP3, des lunettes étanches et des combinaisons jetables.

La désinfection, ou comment repartir sur un bâtiment vraiment sain

Une fois le guano et les débris retirés, puis évacués vers une déchetterie spécialisée, le travail n’est pas encore terminé. Retirer la matière visible ne suffit pas : la porosité des matériaux (pierre, béton, brique, bois) abrite de nombreux micro-organismes invisibles à l’œil nu.

La phase de désinfection en profondeur repose sur deux actions complémentaires et indissociables :

  • L’application d’un biocide à large spectre (bactéricide, virucide et fongicide) : pulvérisé ou appliqué par nébulisation, ce produit détruit les agents pathogènes incrustés dans le support (salmonelles, spores fongiques, bactéries). Il permet également de neutraliser les odeurs tenaces et d’effacer les empreintes olfactives qui incitent instinctivement d’autres pigeons à revenir.
  • Le traitement insecticide et acaricide ciblé : c’est un point souvent ignoré. Lorsque les nids sont retirés ou que les pigeons désertent la zone, les parasites vivant dans leur plumage se retrouvent privés d’hôtes. Les tiques de pigeons (Argas reflexus), puces d’oiseaux et acariens cherchent donc immédiatement de nouveaux hôtes et migrent vers l’intérieur du bâtiment (via les combles, les fenêtres ou les conduits de VMC) pour piquer les occupants. L’application d’un insecticide rémanent est indispensable pour stopper net cette invasion secondaire.

Désinfecter et désinsectiser permet d’assainir totalement le bâtiment et de protéger la santé des occupants, ainsi que de garantir une conformité irréprochable face aux exigences sanitaires, notamment lors des contrôles de l’AFSCA pour les professionnels du secteur HoReCa et de l’agroalimentaire.

Ces astuces qui promettent monts et merveilles contre les pigeons mais ne fonctionnent pas, encore moins en centre urbain

Sur le papier, les méthodes alternatives d’effarouchement semblent attrayantes : simples à mettre en place et souvent bon marché. Pourtant, en milieu urbain, la plupart de ces solutions dites « miracles » montrent très vite leurs limites.

Ultrasons, faux hiboux, effaroucheurs : les pigeons s’y habituent vite

Le problème principal de ces dispositifs réside dans le phénomène d’accoutumance et d’habituation. Le pigeon biset est un oiseau opportuniste, capable de s’adapter rapidement et doté d’une excellente mémoire visuelle et spatiale.

  • Effaroucheurs visuels (faux hiboux, rapaces en plastique, ballons) : s’ils peuvent provoquer un léger effet de surprise les premiers jours, l’habituation est quasi immédiate. Dès lors que les pigeons comprennent que le prédateur reste immobile et ne représente aucun danger réel, ils finissent par venir se poser juste à côté ou dessus.
  • Ultrasons et répulsifs sonores : d’un point de vue biologique, le pigeon n’entend pas les ultrasons. Son ouïe s’arrête autour de 10 kHz, alors que par définition un ultrason est de 20 kHz ou plus. Les seuls appareils sonores capables de l’incommoder sont ceux qui émettent des bruits également audibles par l’homme et représentent donc une source de nuisance sonore pour le voisinage.
  • Détonations : diffuser des bruits de tirs ou utiliser des canons d’effarouchement peut parfois éloigner les oiseaux en milieu agricole, mais cette technique est inapplicable en milieu urbain en raison des nuisances sonores pour les riverains.
  • Gels répulsifs : bien que certains d’entre eux soient efficaces grâce à la réflexion des rayons UV et leur texture particulière, ceux à base de polybutène peuvent piéger ou souiller les oiseaux et leur plumage.

Capturer ou éliminer : encadré par la loi et vite remplacé

Capturer ou tuer des pigeons bisets est une pratique très encadrée qui règle rarement le problème. En raison de “l’effet de vide”, éliminer une colonie sans bloquer l’accès aux bâtiments ne sert à rien : cela libère un territoire riche en nourriture et en abris. Très vite, les pigeons des quartiers voisins migrent pour occuper l’espace vacant et leur taux de reproduction augmente, annulant tous les efforts en quelques semaines.

De nombreuses villes belges ont d’ailleurs progressivement abandonné les campagnes d’euthanasie, jugées inefficaces, coûteuses et sujettes aux dérives.

Même la présence de prédateurs naturels comme le faucon pèlerin ne suffit pas à réguler la population globale.

Sans action ciblée sur l’accès aux bâtiments et la réduction de la nourriture, le piégeage ou l’extermination sont une dépense inutile.

À chaque bâtiment son dispositif anti-pigeons pour une efficacité totale

Dispositifs anti-pigeons

Copropriété : il faut absolument agir à l’échelle du syndic, sinon les pigeons changent juste de balcon

Si un seul copropriétaire pose un filet sur son balcon, les pigeons déménageront simplement sur le balcon du voisin ou sur la corniche supérieure. Le problème ne fera alors que se déplacer.

L’intervention doit donc être votée via le syndic de copropriété pour protéger l’ensemble du bâtiment de manière homogène.

Commerce et terrasse : adopter des solutions discrètes et efficaces, mais compatibles avec l’AFSCA

Les business du secteur Horeca doivent disposer d’un plan de lutte anti-nuisibles et agir dès les premiers signes d’infestation de pigeons ou d’autres indésirables pour rester conformes aux autorités compétentes.

Lutter contre les pigeons pour les commerces revêt un triple enjeu, reposant sur l’efficacité des dispositifs, leur discrétion pour ne pas rebuter la clientèle et une hygiène irréprochable afin d’éviter les amendes ou une fermeture administrative.

Hangar, entrepôt, site industriel : les filets d’abord

Les structures métalliques industrielles offrent des kilomètres de perchoirs aux pigeons. C’est pourquoi quelques pics ou fils tendus suffisent rarement à s’en débarrasser.

Seuls les filets peuvent protéger ces imposantes superficies grâce à une pose sous la charpente. Il est parfois nécessaire de compléter le dispositif par d’autres systèmes d’obturation au niveau des ouvertures latérales et des gaines techniques.

Bâtiment classé : protéger sans que ça se voie

En Belgique, la lutte anti-pigeons sur un monument classé est l’une des interventions les plus délicates. Si les fientes (très acides) dégradent la pierre de taille, des dispositifs d’éloignement mal installés peuvent défigurer ou endommager irrémédiablement les façades historiques.

Toute installation de dépigeonnage sur un bâtiment classé doit respecter le principe de réversibilité totale. À défaut, elle sera refusée par l’administration. Il faut pouvoir tout retirer un jour sans laisser de traces, sans percement ni altération du matériau d’origine.

Côté discrétion, on oublie les gros filets et les pics sur les façades visibles, quasi systématiquement refusés par les autorités du patrimoine. On privilégie des systèmes électriques invisibles, des fils tendus très fins ou, si besoin, des filets ton sur ton qui se fondent dans les lignes architecturales.

Avant de poser le moindre dispositif, vous devez obligatoirement obtenir le feu vert de la région concernée via un dossier (AWaP en Wallonie, Urban.brussels à Bruxelles, Onroerend Erfgoed en Flandre) prouvant que la solution respecte l’esthétique du monument.

Faire appel à un pro du dépigeonnage : le déroulement d’une lutte anti pigeons

EDN Intervention

La visite est indispensable : on ne pose rien avant d’avoir diagnostiqué vos problèmes

Pour un dépigeonnage, les professionnels commencent toujours par un diagnostic détaillé de la configuration du bâti et des différents accès.

Ils identifient également la pression des oiseaux en différenciant les zones de repos occasionnelles des zones de nidification anciennes. C’est seulement suite à cette première étude qu’ils déterminent le ou les dispositifs anti-pigeons à installer.

Pose en hauteur, garantie, contrôle : les avantages de passer par des spécialistes

Dès lors que le dépigeonnage s’effectue en hauteur, comme sur une toiture, une corniche ou sous la charpente d’un hangar, l’intervention d’un spécialiste est indispensable. Une entreprise professionnelle dispose de l’équipement adapté (nacelles, systèmes d’ancrage) et de techniciens qualifiés (cordistes) garantissant la sécurisation stricte du chantier, pour le personnel comme pour les usagers du site.

Faire appel à un professionnel offre également des garanties légales et financières. L’entreprise est couverte par une assurance responsabilité civile professionnelle en cas de dommage aux structures.

Enfin, l’intervention ne se limite pas à la pose. Elle inclut un diagnostic préalable, une garantie d’efficacité sur les dispositifs installés, ainsi qu’un suivi régulier. Ce contrôle ultérieur permet d’identifier d’éventuelles nouvelles voies d’accès et de prévenir durablement les risques de récidive.

Combien coûte la lutte anti-pigeons ? Les 5 facteurs principaux qui font varier la facture

Le prix d’une intervention professionnelle de dépigeonnage varie en fonction de différents facteurs, dont :

  • La surface à protéger : pour certains dispositifs anti-pigeons, le prix est notamment calculé en mètres linéaires (pics ou fils tendus) ou en mètres carrés (filets).
  • L’accessibilité : le prix augmente si des équipements comme des nacelles ou des échafaudages sont nécessaires ou si la situation nécessite l’intervention de cordistes.
  • Le dispositif choisi : par exemple, les pics sont moins chers que l’électro-répulsion.
  • La charge de nettoyage et de désinfection préalable : plus le volume de fientes et de déchets est important, plus le prix augmente, car cela nécessite davantage de temps et de moyens pour le nettoyage et l’évacuation.
  • L’urgence de l’intervention.

Le piège du voisin : attention à ne pas juste déplacer le problème

Votre voisin installe des pics anti-pigeons ? À tout moment, la colonie peut s’installer sur votre toit. En milieu urbain, il faut anticiper et protéger son bâtiment avant de subir l’invasion déplacée.

À l’inverse, si vous protégez votre façade d’immeuble, vous pouvez continuer à subir des nuisances si :

  • La cour voisine ou les ouvertures d’un autre bâtiment restent accessibles.
  • Le bâtiment voisin offre des corniches vacantes.
  • Un voisin nourrit les pigeons.

Contactez notre équipe pour davantage d’informations sur notre service de dépigeonnage.

FAQ : pigeons en ville

Comment se débarrasser des pigeons en ville de façon durable ?

Le seul moyen de protéger durablement une ville des invasions de pigeons est de combiner l’installation de barrières physiques professionnelles (pics, filets, câbles) afin d’empêcher les oiseaux de se poser ou de nicher, d’interdire le nourrissage et, pourquoi pas, de mettre en place des stratégies contraceptives (graines, pigeonniers).

Quelle est la solution la plus efficace contre les pigeons sur un immeuble ?

Cela dépend de la configuration de l’immeuble. Mais pour une protection globale et durable, des pics peuvent être posés sur les corniches et rebords, et des filets pour fermer l’accès aux cours intérieures, aux toitures ouvertes ou aux balcons.

Est-ce interdit de nourrir les pigeons en Belgique ?

Oui, la grande majorité des communes belges l’interdisent formellement via leur Règlement Général de Police. Les contrevenants s’exposent à des amendes administratives (amendes SAC) souvent salées.

A-t-on le droit de capturer ou de tuer des pigeons ?

La capture ou la mise à mort des pigeons n’est pas une solution que l’on peut appliquer librement. Les règles dépendent notamment de l’espèce, de la Région et des circonstances. Dans tous les cas, une intervention de contrôle doit respecter les conditions de bien-être animal. Par exemple, l’empoisonnement est illégal et extrêmement dangereux.

En outre, tuer des pigeons est généralement inutile à long terme.

Les pics anti-pigeons font-ils du mal aux oiseaux ?

Non, ils sont conçus avec des embouts arrondis ou émoussés afin de ne pas blesser les oiseaux. Leur objectif est simplement de supprimer la surface plate nécessaire à l’atterrissage, ce qui force l’oiseau à chercher un autre endroit pour se percher ou nicher.

Cependant, une pose inappropriée ou un mauvais espacement peut exceptionnellement causer des blessures aux pigeons.

Pourquoi les pigeons reviennent-ils après la pose d’un dispositif ?

Le pigeon a un instinct de retour extrêmement puissant. S’il a niché à un endroit, il essaiera par tous les moyens d’y revenir pendant plusieurs jours ou semaines. C’est pourquoi le dispositif posé doit être irréprochable. À la moindre faille, le pigeon tente de se réinstaller.

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