La présence de nuisibles dans un bien immobilier peut causer de nombreux dégâts et s’avérer difficile à éradiquer. Si le problème est ancien ou survient au moment de la vente, il peut être tentant de fermer les yeux et de laisser les futurs acquéreurs gérer la situation.
Vous vous demandez si cela peut être considéré comme un vice caché ? On fait le point sur vos obligations légales en matière de gestion et de déclaration de nuisibles en tant que vendeur, ainsi que sur les sanctions encourues.
Vice caché : de quoi parle-t-on exactement en droit belge ?
L’une de vos obligations de vendeur immobilier est de prévenir l’acheteur des « défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage, que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s’il les avait connus ».
Les quatre conditions pour qu’un défaut soit qualifié de vice caché
Malgré la quasi-inexistence d’une définition juridique, il existe des conditions cumulatives claires pour qualifier un défaut de « vice caché ». Elles sont décrites à l’article 1641 du Code civil belge. Bien que le livre 7 soit en cours de préparation, le régime dit “ancien” reste celui qui s’applique jusqu’à sa publication officielle et à son entrée en vigueur.
Le vice doit être caché : non apparent lors de la vente

Comme son nom l’indique, un “vice caché” est un défaut invisible lors de la vente et des visites préalables. En outre, cela signifie qu’il n’a pas été signalé par le vendeur, qu’il n’apparaît ni dans les diagnostics ni dans le compromis.
En droit, il s’oppose au vice apparent, visible lors de la visite du bien. Cette contradiction tendra néanmoins à s’effacer avec la réforme du livre 7 du Code civil (déposée le 20 février 2025, mais toujours pas en vigueur) qui supprimera la distinction entre vices cachés et apparents. Le vendeur devra légalement fournir une chose conforme.
Il existe deux types de vices cachés : structurels ou fonctionnels. Les premiers sont inhérents à la structure, tandis que les seconds concernent l’usage du bien immobilier.
Il peut, par exemple, s’agir de traces d’humidité, dissimulées sous de la peinture fraîche, ou de souris discrètes logeant dans les faux-plafonds. Au contraire, une infestation visible lors d’une visite classique est généralement difficile à qualifier de vice caché.
L’acheteur ne devait pas pouvoir le déceler par une inspection normale
La notion de “caché” est précisée par cette seconde condition.
La loi dit que le défaut ne doit pas être décelable lors d’une inspection ordinaire par un acheteur prudent et diligent.
Par exemple, une personne normalement attentive sera en mesure d’évaluer de potentiels problèmes d’humidité dans une salle de bain sans ouverture ni VMC. Idem, en cas de nid apparent ou de dégâts importants, non dissimulés, commis par des nuisibles.
Si l’acheteur n’a pas l’obligation de dresser une expertise complète du bien, comme démonter les murs, il doit faire une vérification raisonnable et attentive de tous les espaces. Lorsqu’un professionnel de l’immobilier achète une propriété, l’existence de vices cachés est appréciée de façon plus stricte de par son expertise.
Le vice doit être grave : rendre le bien impropre à son usage ou en diminuer significativement l’utilité
Un vice caché doit être suffisamment grave pour empêcher ou réduire l’usage normal de l’immeuble, c’est-à-dire de la maison, de l’appartement ou du local.
Ce défaut doit être tel que l’acheteur n’aurait pas acheté le bien ou en aurait offert un prix moins élevé s’il avait connu le vice.
Ainsi, des finitions imparfaites ne rentrent pas dans la catégorie de “vice caché” alors qu’une charpente rongée par des insectes, oui.
Le juge apprécie la gravité en fonction de la nature du bien et de l’usage auquel il est destiné. Un nuisible peut ainsi juridiquement devenir problématique lorsqu’il :
- Rend le logement difficilement habitable
- Entraîne des coûts importants
- Provoque des dégâts matériels
- Révèle une dégradation structurelle
- Présente un danger sanitaire
- Affecte significativement la valeur du bien
Le vice ne peut être qu’antérieur à la vente
Enfin, le vice caché doit être antérieur à la vente. Il doit exister, au moins en germe, avant l’achat et au moment du transfert de propriété.
Il s’agit souvent de la condition la plus difficile à prouver pour l’acheteur. Dans le cas des nuisibles, plusieurs éléments peuvent aider, tels que des :
- rapports d’intervention antérieurs,
- factures d’une société de dératisation,
- traces anciennes,
- dégâts caractéristiques,
- témoignages,
- ou une expertise biologique et/ou technique.
Une infestation ponctuelle, découverte après l’emménagement, n’aura pas la même portée juridique qu’une colonie installée depuis plusieurs mois dans les murs, la toiture ou les réseaux techniques. Ainsi, si une infestation de punaises de lit détectée trois semaines après l’achat peut soulever un doute, en raison de leur capacité à survivre plusieurs mois sans repas, l’apparition de souris après plusieurs mois dans une maison nouvellement occupée sera plus difficile à imputer au vendeur. Dans le cas d’une poutre rongée progressivement par des insectes xylophages qui s’effondre quelques semaines après la vente du bâtiment, il est généralement aisé de prouver l’antériorité.
Pour l’acquéreur, il est primordial de signaler le vice caché dans les plus brefs délais afin de prouver son antériorité par rapport à la vente. Plus vous attendez, plus il est difficile de justifier cette condition. Mentionnée dans l’article 1648 du code civil, l’action “à bref délai” ne précise pas de dates exactes. En général, cela s’effectue entre quelques semaines et quelques mois après l’acquisition, selon l’appréciation par les tribunaux. Le point de départ du délai correspond généralement à la date de la découverte du vice.
Ce que l’acheteur peut obtenir s’il prouve un vice caché
Dès que le vice caché est établi, l’acheteur a le choix de demander au vendeur, de bonne comme de mauvaise foi, un remboursement intégral du bien et des frais (action rédhibitoire) ou une réduction (action estimatoire) en fonction de sa volonté ou non de retourner l’immeuble. En cas de mauvaise foi, le vendeur peut être amené à payer des dommages et intérêts supplémentaires.
L’action rédhibitoire : l’annulation totale de la vente et remboursement intégral
L’action rédhibitoire consiste à retourner le bien en échange d’un remboursement intégral du prix d’achat et des frais annexes engagés (notaire, droits d’enregistrement…).
La vente est donc annulée.
Cette voie concerne essentiellement les vices les plus graves. Dans le cas des nuisibles, il peut s’agir d’une infestation lourde, volontairement cachée, ou de problèmes structurels, tels que la destruction d’une charpente par des termites.
L’action estimatoire : la vente est maintenue mais à un prix diminué
L’acheteur peut aussi conserver le bien et demander une réduction du prix proportionnelle à la moins-value causée par le vice. Le montant de ce remboursement partiel est d’abord estimé en fonction des défauts constatés par un rapport d’expertise, puis statué par un juge.
Il s’agit de la méthode la plus fréquente et la plus pratique.
Par exemple, en cas d’infestation de nuisibles, le montant du remboursement peut inclure :
- Un traitement professionnel anti-nuisibles
- Le remplacement d’une partie de la charpente
- La réparation après dégâts.
Il est tout à fait possible pour l’acheteur de passer d’une action rédhibitoire à une action estimatoire, et inversement, tant que les débats ne sont pas clos.
Dommages et intérêts : possibles suivant la mauvaise foi du vendeur
D’après l’article 1645 du Code Civil, seul un vendeur jugé de mauvaise foi, c’est-à-dire connaissant le vice et l’ayant dissimulé, peut être condamné à verser des dommages et intérêts complémentaires.
Les dommages et intérêts sont calculés en fonction du coût des travaux de remise en état, des frais de relogement temporaire et du préjudice de jouissance.
Pour un problème de nuisibles, cela signifie que le vendeur était au courant de l’infestation et l’a intentionnellement cachée. En plus de ne pas avoir parlé des interventions précédentes, il a, par exemple, repeint une pièce pour masquer des traces et/ou retiré temporairement des pièges pour les visites.
Vendeur de bonne foi vs vendeur de mauvaise foi : une distinction qui change tout
La bonne foi du vendeur particulier est toujours présumée. C’est donc à l’acheteur de prouver le contraire, généralement avec l’aide d’un expert désigné par le tribunal. Par contre, si le vendeur est un professionnel de l’immobilier, il sera toujours présumé de mauvaise foi.
Là où le vendeur de bonne foi n’a qu’une responsabilité limitée en cas de vice caché, celui de mauvaise foi est soumis à réparer l’intégralité du dommage, mais aussi à payer des frais supplémentaires comme pour le relogement et les préjudices indirects.
En cas de clause d’exonération des vices cachés, du type « le bien est vendu sans garantie des vices cachés », le vendeur de bonne foi est protégé, à part s’il s’agit d’un professionnel.
Lorsque le défaut est dissimulé intentionnellement et délibérément par le vendeur, il est possible pour l’acheteur de porter plainte pour dol. Il s’agit d’un recours fondé sur la tromperie du vendeur.
Tous les nuisibles ne créent pas le même risque juridique
Le critère déterminant n’est pas uniquement la présence de l’animal ou de l’insecte, mais surtout :
- son caractère caché,
- son ancienneté probable,
- les dégâts provoqués ou potentiels,
- la difficulté et le coût d’éradication,
- la connaissance éventuelle du vendeur.
Une simple présence ponctuelle constitue rarement un vice caché. En revanche, une infestation structurée, ancienne et dissimulée peut engager la responsabilité du vendeur.
Tous les nuisibles ne présentent pas le même niveau de risque juridique lors d’une transaction immobilière. L’insalubrité liée aux excréments de rats (risque de leptospirose), les piqûres de punaises de lit qui empêchent le sommeil ou les capricornes qui menacent la stabilité de la charpente rendent un logement inhabitable. La présence de ces nuisibles peut être difficile à détecter lors d’une visite initiale. Par exemple, les punaises de lit sont des insectes nocturnes qui ne sortent que la nuit pour piquer. Ne mesurant que quelques millimètres, elles restent cachées le jour dans les coutures de matelas, le sommier ou les plinthes.
Insectes xylophages (termites, capricornes, vrillettes) : le risque le plus élevé

Les insectes xylophages comptent parmi les nuisibles présentant le risque immobilier le plus important, car ils peuvent compromettre la solidité des éléments structurels en bois d’un bâtiment, tels que les charpentes, les poutres porteuses ou les planchers.
Les infestations de xylophages débutent de manière silencieuse. Les larves peuvent évoluer pendant plusieurs années dans le bois et les dégâts internes peuvent déjà être conséquents avant de devenir visibles. Une inspection visuelle classique ne suffit pas toujours à les détecter.
Contrairement à certaines régions françaises (zones à risque définies par arrêté préfectoral dans environ 54 départements), la Belgique n’impose aucun diagnostic termites lors d’une vente immobilière. Elle n’est pas considérée comme une zone fortement touchée, bien que des termites aient été signalés pour la première fois sur le territoire entre 2020 et 2022 dans une tour résidentielle bruxelloise, une maison à Uccle et deux serres d’un zoo du Hainaut. L’absence de diagnostic crée un angle mort réglementaire.
Quant aux capricornes du bois, on les trouve fréquemment dans les bâtiments à charpente ancienne. Leurs larves se développent en quelques années, dissimulées dans le bois. Ce n’est qu’à l’âge adulte que ces insectes deviennent visibles pendant une courte durée, c’est-à-dire quand le mal est déjà fait. Un acheteur peut ainsi découvrir plusieurs mois après l’achat que la structure du bâtiment était déjà fragilisée.
En cas de présence avérée, le problème peut rapidement devenir majeur et nécessiter un traitement professionnel, une surveillance active, la suppression et la réparation des éléments atteints. Parfois le remplacement total de la charpente est nécessaire.
Dans une vente immobilière, un problème de xylophages peut constituer un vice caché :
- S’il était présent avant la vente
- Si son ampleur était inconnue de l’acheteur
- S’il entraîne des travaux importants
Ainsi, un vendeur qui traite et documente le problème avant la vente, par exemple, en joignant un diagnostic, se protège efficacement, tandis que celui qui dissimule s’expose à l’annulation de la vente, à une réduction de prix et à des dommages-intérêts.
Rongeurs (rats, souris, surmulots) : un vice caché si l’infestation est grave et connue

Seule une infestation de rongeurs grave et antérieure à la vente peut constituer un vice caché. Le nombre d’individus dans la colonie, les dégâts électriques (câbles rongés), structurels ou sur l’isolation sont autant de preuves de l’ancienneté de l’invasion. Au-delà des dommages matériels, les rongeurs, notamment les rats, présentent des risques sanitaires, car ils sont porteurs de la leptospirose et de l’hantavirus.
Pour évaluer la gravité de l’infestation, les tribunaux se demanderont toujours si un acheteur averti aurait accepté d’acheter le bien vicié au même prix. En Belgique, la gestion des nuisibles est un point critique, contrôlé par l’AFSCA, au sein des établissements soumis à des exigences sanitaires strictes, comme les restaurants, les commerces de bouche et l’industrie agroalimentaire. Une infestation de nuisibles, notamment de rongeurs, pourra être jugée plus grave par le système judiciaire s’il touche le secteur Horeca.
L’acheteur doit également prouver que le vendeur avait connaissance ou aurait dû avoir connaissance de la présence des rongeurs. Le vendeur est censé déclarer toute infestation active ou récente, les dégâts constatés (câbles rongés, isolation détruite), les traitements effectués et les zones où la présence de rongeurs reste possible.
Punaises de lit : vice caché reconnu, difficile à prouver mais dévastateur

Les invasions de punaises de lit réunissent plusieurs critères favorables à la qualification de vice caché, tels que la difficulté de détection et d’éradication, les conséquences sur la santé des habitants et sur l’usage du logement.
Toutefois, il peut être complexe de prouver l’antériorité de l’infestation à l’achat du bien, ainsi que sa connaissance par le vendeur.
Un vendeur laissant une infestation latente de punaises de lit derrière lui peut être jugé coupable de manœuvres dolosives, si prouvé.
En France, la Cour d’appel de Nancy a annulé la vente d’un logement, le 23 octobre 2023, suite à la découverte d’une infestation de punaises de lit non signalée. Une infestation avait eu lieu 6 mois avant le compromis, avait été traitée, mais pas déclarée à l’acheteur. Le vendeur a été condamné à plus de 12 000 euros de dommages-intérêts, au remboursement du traitement et des frais d’expertise.
En tant que vendeur, traiter l’infestation avant la vente ne suffit pas. Il faut systématiquement avertir le futur acheteur en lui apportant la preuve du traitement ou en le mentionnant dans le compromis afin de ne pas être accusé de mauvaise foi par le juge.
Bien que non obligatoires, les diagnostics punaises de lit avant une vente immobilière se font de plus en plus fréquemment. Ils peuvent être recommandés par les notaires et les agents immobiliers, surtout dans les zones urbaines à forte prévalence. En Wallonie, le nombre d’infestations a augmenté de 300 % en deux ans selon les autorités régionales.
Cafards et blattes : vice caché possible en cas d’infestation grave et ancienne

Une infestation durable de cafards doit toujours être déclarée par le vendeur. De même, dans les immeubles, il faut déclarer s’il y a plusieurs foyers et un risque de propagation entre les appartements.
Pour être caractérisée de vice caché, l’infestation doit être structurelle (colonisation des VMC, canalisations, cloisons), ancienne et souvent associée à un problème sous-jacent d’humidité ou de salubrité.
Il faut également pour l’acheteur démontrer la gravité et l’ancienneté de la colonie de blattes. Il peut, à ce titre, s’adresser à des exterminateurs professionnels pour constater et évaluer la situation.
Sachez que si le bien comprend un rez-de-chaussée commercial (Horeca), l’AFSCA peut ordonner la fermeture de l’établissement. Le préjudice commercial pour l’acheteur est donc immense, renforçant la gravité du vice.
Insectes xylophages “mineurs” (vrillettes) dans les meubles ou huisseries

Une infestation de xylophages limitée à un meuble ancien ou à des huisseries n’est généralement pas suffisante pour annuler une vente immobilière.
Très courante dans les maisons anciennes en Belgique, la petite vrillette (Anobium punctatum) s’attaque au bois ouvré (parquet, mobilier, œuvres d’art). Les dégâts sont principalement esthétiques et localisés, rarement structurels. C’est pourquoi leurs infestations ne font presque jamais l’objet de poursuites judiciaires pour vice caché.
Le vice caché pour ces nuisibles « mineurs » est envisageable seulement si les dégâts affectent des éléments structurels ou si l’infestation est ancienne et massive, mais le seuil de gravité requis est plus élevé que pour les termites.
Taupes : décote probable, annulation rare

Facilement détectables avec leurs monticules de terre, les taupes sont difficilement dissimulables par les vendeurs. En termes de gravité, les taupes ont un impact limité et le risque juridique reste faible. Elles peuvent provoquer une dégradation esthétique du jardin et une gêne pour l’aménagement extérieur, mais ne compromettent pas l’habitabilité du logement ni n’engendrent de risques sanitaires.
Pour l’acheteur, une décote à la négociation est réaliste, mais l’annulation de la vente est improbable.
Tableau récapitulatif : risque juridique par type de nuisible
| Nuisible | Risque de vice caché | Risque d’annulation | Détectabilité | Remarque clé |
| Termites/insectes xylophages (charpente) | Très élevé | Élevé | Très faible | Dégâts structurels = gravité automatique |
| Capricornes du bois (charpente) | Élevé | Modéré à élevé | Faible-moyen | Selon état de la structure |
| Punaises de lit | Élevé | Modéré | Très faible | Traitement dissimulé = mauvaise foi |
| Rats/rongeurs (infestation établie) | Élevé | Modéré | Moyen | Dégâts électriques = gravité reconnue |
| Cafards/blattes (infestation structurelle) | Modéré | Faible à modéré | Moyen | Dépend du niveau d’infestation et de l’ancienneté |
| Vrillettes (meubles/huisseries) | Faible | Très faible | Élevé (trous visibles) | Souvent vice apparent dans les maisons anciennes |
| Taupes | Très faible | Très faible | Élevé (taupinières) | Renégociation possible, annulation rare |
| Guêpes/frelons (nid saisonnier) | Très faible | Quasi nulle | Moyen | Situationnel, pas structurel |
Que se passe-t-il concrètement si l’acheteur découvre des nuisibles après la vente ?
La mise en demeure et le constat contradictoire : les premiers pas de l’acheteur
Dès la découverte de la présence de nuisibles, l’acheteur doit documenter au maximum les preuves :
- Photographier les indices
- Conserver les insectes capturés
- Faire constater l’infestation
- Prévenir officiellement le vendeur.
Nous vous conseillons de contacter des exterminateurs professionnels afin d’obtenir un constat technique exploitable par la justice. Il permet d’identifier le type de nuisibles, l’ampleur de l’infestation, la gravité des dégâts, ainsi que les indices d’ancienneté.
S’il est possible de faire une expertise à l’amiable, plus rapide et moins coûteuse, il reste recommandé de recourir à une expertise judiciaire. Ce constat contradictoire est plus solide en cas de procès. Pour ce faire, l’acheteur doit faire appel à un expert judiciaire afin de figer la situation.
Il est formellement déconseillé à l’acheteur de traiter lui-même avant ce constat afin d’éviter que les preuves ne disparaissent.
Une mise en demeure doit être envoyée au vendeur par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée du rapport d’expertise et de la demande de réparation. La mise en demeure ne suffit pas à interrompre le “bref délai” ; seule l’introduction d’une action en justice a cet effet.
L’expertise judiciaire : comment le tribunal établit-il la responsabilité ?
Si aucun accord avec le vendeur n’est trouvé, le tribunal peut désigner un expert judiciaire pour déterminer la nature et l’origine du vice, puis évaluer la moins-value. C’est à la suite de cette désignation que le bref délai sera suspendu.
L’expert va chercher des cadavres de nuisibles, des traces anciennes de traitement, analyser la taille de la colonie, l’importance des dégâts et des signes de présence pour dater l’infestation avec une précision chirurgicale. Les « remèdes maison » sont les pires ennemis du vendeur lors d’une expertise, car ils prouvent qu’il « savait », mais qu’il n’a pas fait le nécessaire.
Annulation, réduction de prix ou dommages et intérêts : ce que le juge peut ordonner
La décision est rendue par la justice de paix pour les litiges de 5 000 EUR maximum ou par le tribunal de première instance au-delà.
Bien que le constat de l’expert judiciaire permette d’évaluer l’existence du vice caché et le montant des dégâts, le juge n’est pas lié par ses conclusions et peut s’en écarter ou désigner un autre expert.
Dans 90 % des cas où la mauvaise foi est prouvée via l’expertise, le vendeur est lourdement condamné. L’annulation de la vente avec remboursement intégral ou le maintien de la vente avec remboursement partiel du bien et total des traitements sont alors exigés. Dès lors que la mauvaise foi est établie, des dommages et intérêts peuvent également être demandés au vendeur afin de couvrir les frais de traitement, de réparation et de relogement.
Vendeur : ce que vous pouvez faire pour sécuriser votre vente
Traiter le problème avant la vente : la seule vraie protection
Attendre qu’un acheteur découvre le problème est la pire stratégie.
Une infestation de nuisibles non traitée peut entraîner :
- La perte de confiance des futurs acquéreurs
- Un blocage de la transaction
- Une négociation agressive
- Un contentieux après la vente
Le coût du traitement reste toujours inférieur au risque financier d’une annulation ou d’une réduction de prix post-vente.
Déclarer le problème au notaire : un choix parfois plus protecteur qu’il n’y paraît
Que vous traitiez ou non, il est primordial de rester honnête avec le notaire et les personnes qui visitent votre maison.
Déclarer en toute transparence le problème et le signaler dans le compromis de vente vous protège de l’accusation de « mauvaise foi » et empêche le vice d’être qualifié de « caché » puisqu’il est déclaré. La mauvaise foi est l’élément qui aggrave fortement les conséquences juridiques. En effet, la Cour de cassation belge (6 mars 2025) a confirmé qu’un vendeur qui connaît un défaut et ne le déclare pas perd le bénéfice de toute clause exonératoire, même sans intention de tromper.
Le notaire peut recommander un diagnostic anti-nuisibles ou demander une attestation de traitement.
Demander une attestation à votre prestataire anti-nuisibles : le document qui change tout devant un notaire ou un tribunal
Fournir au notaire et à l’acheteur un rapport d’intervention en cas de nuisibles, certifiant que le problème a été traité professionnellement et garantissant l’efficacité du traitement, désamorce toute poursuite.
Si vous n’êtes pas sûr de la présence de nuisibles dans votre propriété, vous pouvez également faire établir un diagnostic par des exterminateurs pro, comme EDN, afin de garantir l’absence d’infestation au moment de la vente.
En cas de litige ultérieur, l’attestation de traitement et/ou d’absence de nuisibles démontre la diligence du vendeur et sa bonne foi.
Ne pas traiter soi-même et espérer que ça passe
Utiliser des sprays grand public ou des méthodes DIY ne règle pas une infestation de fond. Seule une désinsectisation/dératisation certifiée par des biocides professionnels permet d’éradiquer complètement une invasion et d’éliminer le risque de récidive.
Une intervention maison fait souvent pire que mieux, engendrant parfois l’aggravation de l’infestation. De plus, elle peut être perçue comme une volonté de brouiller les pistes en essayant de faire disparaître temporairement les signes. Elle vous laisse sans preuve de diligence en cas de litige, vous exposant à la double peine : au vice caché ET à la réticence dolosive (dissimulation frauduleuse).
Au contraire, l’attestation d’un traitement professionnel prouve que vous avez pris le problème au sérieux et fait le nécessaire. L’entreprise qui intervient doit être en mesure de vous fournir un document attestant de l’efficacité du traitement et de l’éradication complète de l’infestation.
Faites-vous aider dans votre vente immobilière avec nos experts anti-nuisibles

Ne laissez pas une infestation de nuisibles détruire la vente de votre bien ou vous entraîner dans des années de procédures judiciaires angoissantes et coûteuses. Un vice caché mal géré peut dévaloriser votre bien de 10 à 30 %, bloquer la transaction chez le notaire, ou pire, vous exposer à une annulation pure et simple de la vente.
Que vous soyez vendeur désireux de prouver votre bonne foi ou acheteur confronté à une mauvaise surprise après la remise des clés, EDN (Exterminations de Nuisibles) vous accompagne partout en Belgique avec des protocoles rapides et certifiés.
Nos solutions professionnelles pour sécuriser votre transaction immobilière comprennent :
- Audit anti-nuisibles (pré-vente) : nous réalisons une inspection complète de votre bien immobilier, de la cave aux combles, afin de vérifier l’absence de problème caché. À l’issue, nous délivrons un certificat de salubrité parasitaire pour rassurer les acquéreurs et le notaire.
- Dératisation et désinsectisation curatives : en cas de présence de nuisibles, nous recourons à des protocoles stricts et à des biocides professionnels agréés (strictement inaccessibles au grand public) afin d’éradiquer les punaises de lit, les cafards, les rats ou les souris de façon à assainir le bien définitivement avant les visites.
- Extermination et prévention des insectes xylophages : si des xylophages sont détectés, nous effectuons un traitement en profondeur de vos charpentes contre les capricornes, vrillettes ou termites. Sans problème de xylophages, il peut être intéressant d’appliquer un traitement préventif pour faciliter la vente et rassurer les futurs acquéreurs.
- Exclusion et colmatage : au-delà de l’extermination, nous mettons tout en œuvre pour éviter les risques de récidives en condamnant les voies d’accès, prouvant que le problème a été réglé à la racine.
- Attestation officielle de post-traitement pour garantir l’éradication de l’infestation, à fournir au notaire et aux acheteurs.
Si le notaire ou l’acheteur a le moindre doute ou en cas de litige ultérieur, ces documents démontrent de manière irréfutable la diligence du vendeur et coupent court à toute accusation de mauvaise foi.
Contactez nos techniciens EDN pour un audit ou une extermination certifiée afin de mener une transaction en toute sérénité.

