La dératisation a longtemps été traitée comme n’importe quel autre poste de service. Une ligne de coût, un contrat qu’on renouvelle dès qu’il expire, un technicien qui passe une fois par mois…
En Europe et en Belgique, les sociétés spécialisées dans la lutte anti-nuisibles remplacent progressivement les traitements chimiques par des méthodes préventives et respectueuses de l’environnement. Elles cherchent ainsi à répondre à la fois aux nouvelles obligations réglementaires et aux attentes de durabilité de leurs clients et partenaires.
RSE et gestion des nuisibles : pourquoi la question se pose maintenant ?
Trois évolutions légales majeures expliquent pourquoi la gestion de nuisibles doit intégrer une démarche RSE :
- Élargissement des obligations de déclaration (CSRD & ESRS E2) : transposée en Belgique par la loi du 2 décembre 2024, la directive européenne CSRD s’impose désormais aux entreprises locales, bien que la directive de simplification Omnibus (UE 2026/470) offre un assouplissement des règles et reculent l’échéance d’application pour certaines d’entre elles. Dans un premier temps, seules les structures qui dépassent au moins deux des trois seuils ajustés sont concernées : 1 000 salariés, 450 M€ de chiffre d’affaires net ou 25 M€ de bilan, comme le précise la Banque Nationale de Belgique. Les autres organisations disposent davantage de temps pour se préparer aux différentes exigences, notamment à la norme ESRS E2 (Pollution). Cette dernière impose de déclarer l’utilisation de substances extrêmement préoccupantes (SVHC) dès qu’elles dépassent 0,1 % en poids, ainsi que les rejets dans l’air, l’eau et le sol. C’est dans ce cadre que l’utilisation de produits biocides devra être auditée.
- Principe de double matérialité : tout sujet devient prioritaire s’il génère soit un impact sur l’environnement, soit un risque financier pour l’entreprise. Par exemple, un poste d’appâtage chimique mal documenté coche les deux cases, car il présente à la fois un risque pour la biodiversité et un risque judiciaire ou d’image.
- Devoir de vigilance européen (CSDDD) : bien que son calendrier ait été réajusté avec une application au 26 juillet 2029 pour les entreprises de plus de 5 000 salariés et 1,5 Md€ de chiffre d’affaires, cette directive oblige à contrôler les impacts sur toute la chaîne de valeur. Votre prestataire anti-nuisibles fait partie des sous-traitants auditables. Concrètement, pour un responsable QSE (acheteur responsable / acheteur qualité-sécurité-environnement), le contrat anti-nuisibles devient une pièce justificative du dossier de durabilité, au même titre que le suivi des émissions carbone (Scope 3).
La RSE est devenue un critère d’achat, pas seulement de communication
Dans les appels d’offres publics comme privés, le cadre du reporting CSRD de la Commission européenne et les standards ESRS de l’EFRAG obligent les entreprises à publier des données vérifiables sur l’ensemble de leur chaîne de sous-traitance.
Les chiffres du marché, reflétés par le Baromètre EcoVadis 2026, illustrent cette nouvelle tendance :
- 98 % des multinationales intègrent des données RSE dans leurs critères de sélection d’achat.
- 48 % des acheteurs disposent d’une visibilité directe sur les pratiques RSE de la majorité de leurs fournisseurs de rang 1.
- 26 % des acheteurs couvrent plus de la moitié de leurs dépenses par des évaluations RSE délivrées par des organismes tiers.
Selon la législation européenne et des principes de la norme ISO 20400 sur les achats responsables, la lutte anti-nuisibles est susceptible d’appartenir aux prestations auditées. Les déclarations sans preuve ne suffisent plus aux directions d’achat qui exigent désormais de documenter l’impact réel.
Dans les marchés publics durables en Belgique (encadrés par l’IFDD) et selon les critères d’achats écologiques de la Commission européenne, les exigences techniques sont strictes. Elles imposent une réduction ciblée des biocides validée par la stratégie européenne De la ferme à la table, des techniciens qualifiés, une gestion rigoureuse des déchets dangereux et une traçabilité totale des interventions. Un exterminateur professionnel conforme à ces critères sécurise ainsi ses contrats commerciaux.
Pourquoi la lutte anti-nuisibles se retrouve dans le radar ESG ?

Si elle n’est pas une obligation légale directe en matière d’ESG, la lutte anti-nuisible influence lourdement les risques opérationnels, sanitaires et environnementaux d’une entreprise. Une mauvaise gestion des nuisibles ou un usage abusif de produits chimiques peut fragiliser l’ensemble de la performance extra-financière.
Voici comment la gestion des nuisibles impacte concrètement les trois piliers ESG :
- Environnement (E) : l’extermination de nuisibles peut affecter l’environnement à cause, entre autres, de l’écotoxicité des substances actives, l’impact sur les écosystèmes et la chaîne alimentaire, les risques de pollution des sols ou des cours d’eau, les déchets dangereux et l’exposition d’espèces non cibles…. A titre d’exemple, l’usage récurrent de rodenticides anticoagulants entraîne un risque de bioaccumulation dans la chaîne alimentaire avec des intoxications secondaires chez les rapaces et prédateurs naturels après ingestion de rongeurs contaminés. Un point couvert par le Règlement Biocides UE n° 528/2012 et la norme GRI 304 sur la biodiversité.
- Social (S) : la lutte parasitaire doit garantir la protection des occupants, des employés et des publics vulnérables (écoles, crèches, structures de soins) contre l’exposition aux produits chimiques et aux perturbateurs endocriniens, tout en garantissant la qualité de l’air intérieur et l’hygiène alimentaire.
- Gouvernance (G) : la maîtrise des risques et la conformité reposent sur des exigences strictes imposées aux prestataires. Ces derniers doivent appliquer les procédures d’autocontrôle requises (telles que celles de l’AFSCA pour le secteur agroalimentaire), maintenir une traçabilité intégrale via leurs fiches d’intervention, détenir les agréments requis par le SPF Santé publique et certifier l’usage conforme des produits autorisés.
L’idée reçue à dépasser : non, la lutte anti-nuisibles n’est pas incompatible avec la RSE
Beaucoup pensent encore que dératiser s’oppose à une démarche RSE. Pourtant, le métier évolue et laisser la vermine s’installer dans un bâtiment n’a rien d’écologique non plus.
Une infestation non traitée entraîne rapidement des dégâts sanitaires et matériels, des pertes financières et des sanctions. Protéger ses locaux et ses équipes découle donc d’une obligation de responsabilité sociétale à part entière.
La transition ne vise pas à simplement interdire les biocides, mais plutôt à abandonner le « tout-chimique » systématique. Elle privilégie la prévention et l’usage raisonné des produits toxiques, conformément au Règlement européen sur les biocides (UE) n° 528/2012 et aux recommandations du SPF Santé Publique belge sur les biocides.
Lorsqu’elle est correctement gérée, la lutte anti-nuisibles ne s’oppose pas à la RSE. Au contraire, elle s’y intègre naturellement dès que le prestataire adopte des garanties d’intervention responsables, comme la certification européenne CEPA Certified® EN 16636.
L’approche IPM : quand la prévention remplace le tout-chimique
L’IPM (Integrated Pest Management ou Lutte Intégrée) se concentre davantage sur le traitement des causes d’une infestation que sur l’aspect curatif pur. C’est l’approche imposée par principes d’utilisation appropriée du Règlement européen (UE) n° 528/2012 qui fixe hiérarchie claire :
- Prévenir les infestations
- Surveiller l’évolution
- Recourir aux produits chimiques en dernier recours
En Belgique, cette méthodologie s’appuie sur la norme CEPA Certified® EN 16636 et les lignes directrices de CORDER ASBL.
Concrètement, l’approche IPM regroupe 4 étapes :
- Bloquer les points d’entrée et soigner l’entretien pour prévenir l’attraction des nuisibles : colmater les failles et les accès du bâtiment (pose de bas de portes et de grilles anti-nuisibles, mastic dans les failles) et nettoyer les zones de stockage, comme décrit dans le manuel d’autocontrôle AFSCA et contrôlé par les audits IFS Food et BRCGS.
- Surveiller sans traiter : placer des postes de détection non toxiques et des pièges de monitoring. Aucun produit toxique n’est appliqué tant qu’un seuil d’alerte précis n’est pas dépassé.
- Utiliser des solutions mécaniques : privilégier le piégeage mécanique, les barrières physiques, l’aspiration, les traitements thermiques (chaleur ou froid contre les insectes) et le biocontrôle (trichogrammes pour éliminer les œufs de mites alimentaires).
- Réserver les biocides aux urgences : si les étapes précédentes ne suffisent pas, un biocide autorisé est appliqué de façon ciblée, temporaire et documentée dans les rapports.
Ce que dit la réglementation européenne sur les biocides et les nuisibles

Les prestations de gestion des nuisibles en Belgique sont soumises à quatre niveaux de contraintes réglementaires.
1. Le cadre européen et le Règlement Biocides (BPR)
Le Règlement européen n° 528/2012 (BPR) fixe les conditions de mise sur le marché et d’utilisation des produits biocides, dont les rodenticides et insecticides. À ce titre, l’appâtage permanent préventif est interdit. Utiliser des appâts toxiques en continu « au cas où », sans présence avérée de rongeurs, contrevient à ce cadre réglementaire.
2. La réglementation fédérale belge : le « circuit restreint »
Le Plan Fédéral de Réduction des Biocides vise spécifiquement à limiter l’exposition aux produits toxiques. Il interdit notamment l’accès du grand public aux perturbateurs endocriniens et renforce le suivi des professionnels. Les détails du plan sont disponibles sur le site du SPF Santé Publique.
C’est pourquoi les entreprises et prestataires qui utilisent ou vendent des biocides à haut risque (circuit restreint) doivent obligatoirement s’enregistrer en ligne. Vous pouvez consulter les règles et effectuer la démarche sur le Portail Biocide.be – Enregistrement des utilisateurs.
3. Les transpositions régionales en Wallonie et à Bruxelles
Au niveau régional, la gestion des produits biocides fait l’objet de programmes ciblés :
- En Wallonie, le Programme Wallon de Réduction des Pesticides (PWRP III) encadre la baisse des empreintes toxiques et favorise les méthodes non chimiques.
- À Bruxelles, les directives de Bruxelles Environnement sur l’utilisation des pesticides imposent la primauté de la lutte intégrée et l’enregistrement des intervenants professionnels.
4. Anti-greenwashing : la fin des allégations écologiques floues
La Directive européenne 2024/825 contre le greenwashing encadre strictement la communication environnementale. À partir de septembre 2026, employer des qualificatifs comme « traitement écoresponsable » ou « lutte verte » sera interdit s’ils ne s’appuient pas sur une certification tierce vérifiée, telle que la norme européenne CEPA Certified® EN 16636.
Biodiversité et chaîne alimentaire : ce que l’IPM change concrètement
L’impact le plus concret de l’IPM sur la biodiversité et la chaîne alimentaire concerne avant tout la protection de la faune locale contre l’empoisonnement secondaire.
Un rongeur qui consomme un appât toxique (anticoagulant AVK) met plusieurs jours à mourir. Dans l’entre-temps, s’il se fait chasser par des rapaces ou d’autres prédateurs, ces derniers seront à leur tour intoxiqués par le même poison.
Plusieurs études européennes mesurent les dégâts de ce transfert toxique :
- 92 % des renards et 95 % des rapaces analysés en Suisse présentent des résidus de raticides dans le foie.
- 86,1 % des buses étudiées au Royaume-Uni et une majorité des chouettes effraies sont directement touchées par ces biocides.
En remplaçant l’usage systématique des biocides par le piégeage mécanique et le colmatage du bâtiment, l’IPM apporte deux bénéfices concrets :
- Sur le terrain : fin du « poison préventif ». Les biocides du circuit restreint sont seulement réservés aux urgences avérées. Cela prévient la contamination de la faune locale.
- Dans vos rapports (RSE/ESRS E4) : remplacer des appâts toxiques par des alternatives physiques et mécaniques réduit les polluants, de façon chiffrable, afin d’être en phase avec la Stratégie UE Biodiversité 2030.
Lors d’un audit RSE ou ESG, que regardent réellement les auditeurs ?
Pendant un audit RSE ou une évaluation ESG (comme CSRD ou EcoVadis), les auditeurs vérifient qu’une démarche responsable a bien été mise en place.
L’auditeur veut s’assurer que la gestion des nuisibles est gérée avec méthode, preuves à l’appui : justification des interventions, conformité légale des prestataires et mesure des impacts réels sur le terrain.
Cette logique d’audit fait le pont entre les contrôles d’hygiène de l’AFSCA et les exigences des normes européennes de durabilité ESRS E2 (pollution) et ESRS E4 (biodiversité).
Les 4 points sur lesquels votre gestion des nuisibles sera évaluée
En audit extra-financier ou lors d’un contrôle sanitaire, la conformité de votre site repose sur quatre exigences documentaires :
| Critères d’audit | Ce que l’auditeur exige | Apport documentaire de l’IPM |
| 1. Traçabilité des interventions | Registre horodaté et signé après chaque passage : zones traitées, cibles observées et produits utilisés. | Historique numérique complet, rapports cartographiés et suivi des tendances dans le temps. |
| 2. Utilisation raisonnée des biocides | Preuve de justification technique avant toute application chimique.Absence d’appâtage toxique permanent préventif. | Recours aux biocides strictement limité aux cas de dépassement des seuils d’alerte, documenté et justifié. |
| 3. Plan de prévention actif | Preuve que l’étanchéité du bâti et la gestion de l’hygiène priment sur le traitement curatif. | Cartographie du site, diagnostics de structure et registre des recommandations transmises à la maintenance. |
| 4. Qualification du prestataire | Agréments légaux à jour et enregistrement officiel pour la manipulation des biocides professionnels. | Enregistrement du prestataire au circuit restreint du SPF Santé Publique et certification CEPA Certified® EN 16636. |
Si votre entreprise relève du secteur agroalimentaire, les auditeurs IFS Food et BRCGS ont des exigences supplémentaires comme :
- La formation de chaque technicien à l’approche IPM
- Un registre numérique consultable en temps réel
- Une analyse systématique des causes profondes (root cause analysis) en cas de récidive
Le classeur documentaire : votre preuve physique lors d’un audit
Qu’il prenne la forme d’un classeur physique ou d’un portail numérique dédié, le dossier documentaire constitue la preuve matérielle de votre maîtrise des risques environnementaux, sanitaires et humains.
Il doit contenir :
- Contrat et cahier des charges : engagement formalisé sur les principes de la lutte intégrée (IPM). Pour l’audit RSE, il sert de preuve d’achat responsable en démontrant que vous privilégiez la prévention et les solutions mécaniques avant l’usage de la chimie.
- Cartographie du site : plan annoté indiquant l’emplacement numéroté de chaque dispositif (pièges mécaniques, capteurs, postes d’appâtage…). En RSE, il prouve la gestion proactive de la santé et de l’hygiène sur le lieu de travail.
- Rapports d’intervention : fiches horodatées consignant les constatations et les actions menées par les techniciens. Ce point valide l’exigence de transparence, de traçabilité et d’amélioration continue de votre gouvernance RSE.
- Fiches de Données de Sécurité (FDS) : documents officiels à 16 sections obligatoirement fournis en français ou en néerlandais selon la région (et les deux langues à Bruxelles). Ils répondent à l’obligation légale de communication de l’article 31 du Règlement européen REACH (CE) n° 1907/2006 et intègrent les instructions de stockage, de manipulation et les Équipements de Protection Individuelle (EPI) validés par le SPF Santé Publique pour la Belgique. C’est votre preuve stricte de maîtrise du risque chimique et de protection de la santé au travail.
- Autorisations de mise sur le marché (AMM) : preuves de conformité des biocides enregistrés en Belgique. Elles garantissent à l’auditeur l’exclusion de produits interdits ou hautement écotoxiques sur votre site.
- Documents réglementaires AFSCA (uniquement pour le secteur agroalimentaire) : formulaire officiel du Plan de lutte contre les nuisibles exigé par le guide d’autocontrôle AFSCA (G-044) en application de l’AR du 14 novembre 2003.
Pour les audits IFS Food et BRCGS dans le secteur agroalimentaire, le niveau d’exigence grimpe avec l’intégration d’une analyse des tendances en temps réel, des seuils d’action chiffrés par zone, les qualifications nominatives des techniciens et une analyse des causes profondes en cas d’incident. Lors de l’inspection, l’auditeur vérifie au hasard la concordance entre l’état physique des pièges et le registre. Un léger écart documentaire peut entraîner une non-conformité majeure.
Le reporting ESG : comment intégrer les données pest control dans votre rapport
Les données de votre prestataire de gestion de nuisibles servent directement à alimenter votre rapport de durabilité (CSRD / ESRS).
Pour remplir votre dossier sans courir après les chiffres en fin d’année, réclamez à la société de lutte parasitaire un bilan annuel articulé autour de quatre indicateurs clés :
- La part du non-chimique (%) : pourcentage de pièges mécaniques ou connectés installés par rapport au total du site.
- La baisse des produits chimiques : évolution annuelle (en grammes de matière active) des biocides utilisés sur vos sites.
- Le suivi des substances très préoccupantes (SVHC) : déclaration des molécules visées par l’article 33 du Règlement REACH (CE) n° 1907/2006 au-dessus de 0,1 % en poids, comme les rodenticides anticoagulants.
- Le taux de correction des défauts (%) : proportion de travaux d’étanchéité et de remarques d’hygiène réglées par vos équipes après les passages du technicien.
Un prestataire certifié CEPA Certified® EN 16636 doit pouvoir vous fournir ce bilan annuel clé en main.
Comment évaluer si votre prestataire actuel est compatible RSE ?
Les signaux qui indiquent un prestataire aligné avec vos enjeux RSE

Évaluer la compatibilité RSE d’une entreprise anti-nuisibles repose sur la vérification de preuves concrètes sur le terrain et dans la documentation transmise :
- Démarche IPM formalisée : le prestataire privilégie l’étanchéité et le piégeage mécanique aux produits chimiques. Il applique des biocides uniquement en dernier recours après le dépassement de seuils d’alerte, conformément aux principes de la lutte intégrée promus par le Règlement européen sur les biocides (UE) n° 528/2012.
- Audit initial des causes : l’entreprise anti-nuisibles ne se contente pas de poser du produit, mais identifie les voies d’accès et les facteurs d’attraction du bâtiment (diagnostic structurel).
- Traçabilité systématique : chaque visite se conclut par un rapport documentant le technicien intervenant, la zone concernée, les observations et les actions menées.
- Limitation et réglementation des toxiques : chaque application de produit chimique nécessite de préciser le nom commercial du produit, sa substance active et son numéro d’autorisation de mise sur le marché (AMM) belge.
- Bilan annuel consolidé : le prestataire fournit une synthèse annuelle exploitable des volumes et types de produits utilisés pour alimenter directement votre rapport de durabilité CSRD.
- Conformité réglementaire : l’entreprise (et ses techniciens applicateurs) est dûment enregistrée auprès du SPF Santé Publique pour l’utilisation de biocides en circuit restreint et dispose idéalement de la certification sectorielle européenne CEPA Certified® (norme EN 16636).
Les signaux d’alerte : ce qui peut vous exposer lors d’un audit
Lors d’un audit ou d’une inspection sanitaire, plusieurs anomalies documentaires peuvent vous pénaliser.
C’est le cas lors d’une sous-traitance opaque où le nom du prestataire n’apparaît nulle part. Ou lorsque les rapports d’intervention prennent la forme de bons de passage manuscrits et illisibles.
L’appâtage permanent est également sanctionné, car l’utilisation continue de poisons sans présence avérée de rongeurs viole directement le Règlement européen Biocides.
Enfin, l’incapacité à fournir les Fiches de Données de Sécurité (FDS) exigées par REACH ou le défaut d’enregistrement officiel auprès du SPF Santé Publique constituent des infractions graves qui compromettent la conformité de votre entreprise.
Pest control et RSE en Wallonie et à Bruxelles : ce que prévoit le cadre réglementaire belge

En Belgique, la réglementation sur la gestion des nuisibles superpose le cadre fédéral et les politiques environnementales régionales.
L’agrément obligatoire des entreprises de lutte anti-nuisibles en Belgique
En Belgique, l’agrément obligatoire correspond en réalité à une double obligation légale : l’enregistrement au circuit restreint et la possession d’une formation certifiée.
Pour être en règle, une entreprise de lutte anti-nuisibles doit valider trois étapes incontournables :
- L’enregistrement de l’entreprise : pour pouvoir acheter et appliquer les produits les plus puissants (comme les rodenticides), la société doit être enregistrée sur le portail Biocide.be.
- La formation des techniciens : avoir l’autorisation de l’entreprise ne suffit pas sur le terrain, les techniciens doivent personnellement détenir le statut d’utilisateur qualifié pour les biocides. Ce certificat officiel prouve qu’ils ont suivi la formation requise pour manipuler ces substances toxiques en toute sécurité.
- La conformité des produits : chaque substance utilisée doit être validée individuellement. Le prestataire ne peut utiliser que des produits ayant reçu une autorisation officielle de mise sur le marché, consultable via la Réglementation des biocides du SPF Santé Publique.
Le lien entre conformité AFSCA et engagement RSE : le même dossier, deux usages

Un seul et même dossier documentaire sert deux objectifs différents.
D’un côté, pour la conformité sanitaire, l’AFSCA vous impose un plan de maîtrise des nuisibles intégré aux procédures HACCP. Tous les rapports d’intervention servent à prouver aux inspecteurs que vos locaux et vos produits sont protégés de toute contamination, conformément au guide d’autocontrôle G-044.
De l’autre côté, pour votre reporting extra-financier (RSE/ESG), ces exactes mêmes pièces, à savoir la cartographie des dispositifs, l’historique des passages, les fiches de sécurité et les relevés des consommations de biocides, deviennent les preuves concrètes attendues par les auditeurs. Elles démontrent la réduction progressive des produits chimiques, la traçabilité des interventions et la protection de la faune locale.
Ainsi, le travail de rigueur mené au quotidien pour satisfaire aux contrôles de l’AFSCA sert de base de données pour valider vos audits de durabilité et crédibiliser votre politique RSE auprès de vos partenaires.
Conclusion : votre prestataire anti-nuisibles peut devenir un argument RSE
Choisir un expert certifié de gestion parasitaire transforme une contrainte sanitaire en un véritable indicateur de performance pour votre démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).
Un prestataire rigoureux doit être en mesure de fournir des données indispensables pour vos audits et vos rapports ESG : prévention ciblée, traçabilité totale, réduction des produits chimiques et respect de la biodiversité. Les rapports d’intervention détaillés prouvent aux auditeurs votre maîtrise des risques environnementaux et sanitaires.
EDN Extermination de Nuisibles a fait le choix d’une lutte anti-nuisibles responsable et innovante. Nos techniciens applicateurs certifiés conçoivent des plans d’action sur mesure, alignés sur les normes sectorielles les plus strictes (dont l’AFSCA pour l’agroalimentaire) et la norme européenne EN 16636, en réduisant au maximum l’usage des biocides lorsqu’ils ne sont pas indispensables.
FAQ : Lutte anti-nuisibles et RSE
La dératisation avec des poisons est-elle compatible avec une charte RSE « zéro biocide » ?
Une approche RSE de la lutte anti-nuisibles consiste à réduire au maximum l’usage des biocides et à garantir la traçabilité des produits.
Malheureusement, une charte « zéro biocide » est souvent irréaliste et potentiellement dangereuse. Elle présenterait des risques sanitaires et une non-conformité aux normes d’hygiène. L’usage ponctuel, ciblé et en dernier recours de ces produits toxiques reste nécessaire en cas d’infestation importante et/ou de risque sanitaire.
Peut-on intégrer les données pest control dans un reporting CSRD ?
Oui, tout à fait, si votre analyse de double matérialité retient ces critères. Les données de lutte contre les nuisibles alimentent directement votre déclaration de durabilité à travers deux normes spécifiques :
- Norme ESRS E2 (Pollution) : elle intègre le suivi et la réduction de votre charge chimique annuelle (matières actives des biocides), ainsi que la gestion rigoureuse des déchets dangereux (appâts usagés).
- Norme ESRS E4 (Biodiversité et écosystèmes) : elle valide vos actions concrètes pour protéger la faune locale non ciblée. Par exemple, via l’arrêt de l’appâtage permanent au profit de solutions mécaniques.
L’IPM coûte-t-il plus cher qu’une approche classique ?
Oui, à court terme, l’approche IMP nécessite quelques investissements initiaux, notamment pour l’audit d’étanchéité et le matériel mécanique/connecté. Cela peut, à première vue, sembler plus coûteux qu’une approche traditionnelle.
En revanche, ces investissements sont rapidement amortis. À moyen et long terme, l’IPM réduit considérablement les coûts récurrents. Elle permet d’éliminer la cause racine des infestations et d’éviter les surcoûts liés aux dégâts matériels, aux arrêts de production ou aux amendes administratives.
Notre appel d’offres exige des critères RSE pour les prestataires de services. Que doit fournir une entreprise de lutte anti-nuisibles ?
Demander à votre prestataire de lutte contre les nuisibles de vous fournir :
- Contrat précisant la démarche IPM et les engagements (plan de prévention, fréquence, reporting, limitation des biocides)
- Plans des locaux/cartographie avec localisation des dispositifs
- Analyse des risques annuelle par zone, datée et révisée
- Indicateurs annuels d’amélioration continue (évolution du nombre de traitements, mesures de réduction, gestion des déchets et des déplacements)
- Rapports d’intervention datés et signés (observations, actions, produits, capture, analyse)
- Registre et fiches de données de sécurité (FDS) des produits utilisés.
- Preuves d’autorisation des produits biocides en Belgique (références SPF Santé / site biocide.be)
- Preuve d’enregistrement du prestataire au circuit restreint du SPF Santé Publique
- Documents relatifs à la qualification/formation des techniciens (statut d’utilisateur enregistré)
- Attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle
- Bilan annuel synthétique (interventions, méthodes, évolution, objectifs)

